INAD National Institute of Divinatory Arts
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La magie noire au coeur d'un scandale

Dur dur.pngUne femme fragilisée par une séparation a versé près de 80 000 euros en quelques mois. Dès la première consultation, selon les éléments réunis par l’INAD, un « travail occulte » lui aurait été proposé pour obtenir le retour de son mari, avec un résultat présenté comme garanti. Par la suite, une prétendue menace de magie noire aurait été étendue à la cliente, à ses parents et à ses enfants. L’Institut National des Arts Divinatoires, mandaté par la consommatrice, dispose des justificatifs bancaires, des échanges et des pièces permettant de reconstituer le dossier.

Dès la première consultation

Au départ, il s’agit d’une simple consultation de voyance. La cliente traverse une période de grande détresse sentimentale après le départ de son conjoint. Mais, selon les éléments communiqués à l’INAD, la consultation prend immédiatement une autre tournure. Un « travail occulte » lui aurait été proposé pour permettre le retour de son mari, avec une intervention présentée comme certaine. La mise en demeure adressée dans cette affaire fait précisément état de « travaux occultes » destinés au retour du conjoint et de demandes d’argent devenues progressivement plus importantes. Puis apparaît dans les échanges une autre dimension : celle d’une prétendue magie noire. La cliente est présentée comme étant en danger. Ses parents et ses enfants le seraient également. La consultation sentimentale bascule alors dans un tout autre registre : à l’espoir de retrouver son mari vient s’ajouter la peur qu’un mal invisible puisse atteindre toute sa famille.

Près de 80 000 euros versés

Sur le plan financier, le dossier est documenté. La cliente a versé près de 80 000 euros en quelques mois et a remis à l’INAD les justificatifs correspondants. La mise en demeure du 15 septembre 2026 mentionne ces versements successifs et précise que les pièces justificatives sont détenues par l’association. L’INAD dispose également des échanges, communications, factures, justificatifs bancaires et autres éléments utiles au dossier. Il ne s’agit donc pas d’une somme avancée sans preuve : les règlements peuvent être retracés et rapprochés des échanges qui les ont précédés ou accompagnés. La question est désormais de savoir dans quelles conditions ces sommes ont été demandées et ce qui a réellement été fourni en contrepartie.

La peur et la mise en condition

Les échanges communiqués par la cliente sont, selon l’INAD, particulièrement préoccupants. Ils permettent de suivre la place prise par la prétendue magie noire dans le discours qui lui aurait été tenu et l’importance progressivement donnée à sa dangerosité. La cliente ne serait plus seule concernée : ses parents et ses enfants seraient eux aussi exposés. Ces messages ne prouvent évidemment aucune réalité surnaturelle. Ils permettent en revanche d’examiner ce qui a été dit à la cliente et dans quel contexte les demandes d’argent ont été formulées. Pour l’INAD, c’est l’un des points essentiels du dossier : la peur pour elle-même et pour ses proches a-t-elle été utilisée pour la convaincre de poursuivre les paiements ? Il appartiendra, si la justice est saisie, d’apprécier les faits et de leur donner la qualification juridique appropriée.

Des règlements précis, des factures floues

Les versements sont documentés par des justificatifs bancaires. La facturation apparaît en revanche beaucoup moins précise. La mise en demeure relève notamment que des factures feraient état de simples « conseils », alors que la cliente affirme avoir payé pour des « travaux occultes ». L’INAD a donc demandé, pour chaque règlement, sa date, son montant, la prestation correspondante et la facture afférente. Certains paiements auraient également été dirigés vers un compte bancaire domicilié en Allemagne, tandis que de la TVA aurait été portée sur certaines prestations. Un compte bancaire étranger n’est pas, en lui-même, irrégulier. Mais lorsqu’une affaire porte sur près de 80 000 euros, chaque somme doit pouvoir être reliée clairement à un bénéficiaire, une prestation et une facturation identifiable.

Ce que prévoit la Charte de l’INAD

Cette affaire pose également une question déontologique. La Charte Morale et Professionnelle proposée par l’INAD aux praticiens des arts divinatoires prévoit notamment que ceux qui y adhèrent s’engagent à ne pas effectuer de travaux occultes, notamment en matière de désenvoûtement, de sorcellerie ou de magie noire. Elle rappelle également qu’un praticien ne doit pas présenter comme certain un résultat relevant d’une pratique divinatoire ou occulte. Lorsqu’un résultat a néanmoins été expressément garanti ou promis et qu’il n’est pas obtenu, la Charte prévoit le remboursement des sommes versées. L’adhésion à cette Charte relève d’une démarche volontaire du professionnel. Elle ne se substitue pas à la loi, mais constitue le cadre déontologique défendu par l’INAD pour une pratique responsable des arts divinatoires. Dans le dossier actuel, ce principe prend un relief particulier puisque le retour du conjoint aurait, selon la cliente, été présenté dès la première consultation comme pouvant être obtenu grâce à un travail occulte au résultat garanti.

Une tentative amiable

La consommatrice a expressément mandaté l’INAD pour intervenir dans son différend avec la professionnelle. Sur les recommandations de l’association, elle a accepté de privilégier dans un premier temps une solution amiable. La professionnelle conteste la réclamation et a confié le dossier à un avocat. La cliente a donc patienté. L’INAD a demandé des explications sur la nature des prestations, le décompte des sommes reçues, les factures correspondantes et une proposition concrète concernant la restitution des sommes litigieuses. Cette attente ne peut toutefois se prolonger indéfiniment. À défaut de réponse sérieuse ou de solution amiable acceptable, la cliente décidera, avec le soutien de l’INAD, des suites qu’elle entend donner au dossier.

L’INAD dans son rôle

L’INAD intervient ici dans le cadre de ses missions d’information, de prévention, de défense des consommateurs et de moralisation des pratiques liées aux arts divinatoires. L’association a été expressément mandatée par la cliente et estime disposer d’un dossier étayé : paiements bancaires, échanges, factures, communications et chronologie des demandes d’argent. Elle ne se substitue pas à la justice et ne prononce aucune condamnation. Mais face à un dossier documenté portant sur une somme de cette importance, il serait contraire à sa mission de détourner le regard. Dénoncer les dérives lorsqu’elles sont étayées ne revient pas à attaquer la voyance. C’est aussi défendre les praticiens qui exercent leur activité avec sérieux et refusent que la peur, le deuil ou la détresse deviennent des moyens d’obtenir toujours davantage d’argent.

Quand les victimes hésitent à parler

Beaucoup de personnes mettent du temps avant de raconter ce qu’elles ont vécu. Elles craignent d’être jugées, de ne pas être crues ou qu’on leur reproche d’avoir payé. Pourtant, une personne fragilisée par une séparation, un deuil ou une période d’angoisse n’a pas à être humiliée parce qu’elle a cherché de l’aide. Ce qui doit être examiné, ce sont les méthodes employées pour obtenir l’argent. Un virement se retrace. Un message se conserve. Une facture peut être confrontée à la prestation annoncée. Et lorsqu’une victime parle, son témoignage peut aussi permettre à d’autres personnes de reconnaître des pratiques similaires.

Et maintenant ?

L’identité de la praticienne n’est pas publiée à ce stade. La cliente a accepté de laisser une dernière place à une issue amiable et l’INAD attend désormais la réponse du conseil de la professionnelle. Cette retenue ne signifie ni faiblesse ni absence de pièces. Elle correspond au choix de mener la démarche amiable jusqu’à son terme avant d’envisager d’autres suites. Dans une précédente affaire d’escroquerie à la voyance, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a déjà déclaré recevable la constitution de partie civile de l’INAD. Ce précédent ne préjuge évidemment en rien de l’affaire actuelle, chaque dossier restant soumis à l’appréciation de la justice. Dans le cas présent, une question demeure : qu’a-t-on réellement vendu en échange de près de 80 000 euros ? La liberté de croire doit être respectée. Elle ne donne cependant à personne le droit de présenter un danger invisible comme certain pour ensuite monnayer sa disparition. La détresse humaine ne doit jamais devenir un fonds de commerce.

Et si la magie noire est invisible, l’argent versé, lui, laisse des traces.

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