Voyance et honoraires prohibitifs

Depuis l’abrogation de l’article R 34.7 en mars 1994, qui punissait de l’amende prévue pour les contraventions de 3ème classe ceux qui font métier de deviner et pronostiquer, ou d’expliquer les songes, la voyance et les arts divinatoires sont reconnus comme une profession à part entière. Cependant, cette reconnaissance n’a pas été accompagnée d’un cadre réglementaire adéquat, laissant ainsi la profession largement dépourvue de contrôle et de surveillance, ce qui ouvre la voie à des abus et à des escroqueries, ainsi qu’à l’auto-proclamation de titres tels que médium, voyant, mage, sorcier….

Depuis la levée de cette interdiction, le nombre de praticiens dans le domaine des arts divinatoires a explosé. Malheureusement, cette expansion a également attiré son lot d’individus peu scrupuleux, prêts à exploiter les croyances et les besoins des clients. L’absence de régulation a conduit à une diversité tarifaire considérable, avec des honoraires fantaisistes qui mettent les clients à la merci de pratiques déloyales, étouffant ainsi les praticiens honnêtes dans une concurrence déloyale. Bien que les prix soient libres selon l’ordonnance de 1986, cette situation soulève des questions légitimes quant à l’éthique et à la pertinence des honoraires pratiqués.

L’INAD, consciente des dérives dans la profession, estime qu’aucune consultation de voyance, quelle que soit la compétence réelle ou supposée du praticien, ne devrait dépasser les 90 euros de l’heure en cabinet et les 60 euros de l’heure par téléphone. Cette recommandation se fonde sur le constat que la profession est largement infiltrée par des individus peu scrupuleux. Une comparaison avec d’autres professions de la santé et du bien-être, telles que les psychanalystes, psychiatres, médecins et chirurgiens, qui après de longues années d’études et de formation, pratiquent souvent des honoraires bien inférieurs, soulève des interrogations légitimes sur la justification des tarifs appliqués dans le domaine de la voyance et des arts divinatoires, qui reposent essentiellement sur des pratiques conjecturales.

Face à cette réalité, l’INAD invite les praticiens honnêtes à revoir leurs honoraires, que ce soit pour les consultations en cabinet, considérées comme une expérience plus authentique, ou par téléphone. La décision finale revient aux clients consommateurs. Toutefois, l’INAD maintient sa position selon laquelle aucune consultation de voyance ne devrait être pratiquée à un coût prohibitif, car cela affecte la crédibilité et l’intégrité de la profession aux yeux du public.

Professionnels et clients consommateurs sont invités à participer à cette réflexion et à donner leur avis sur cette question importante pour l’avenir de la voyance en France.

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