Paroles de voyants

Alors que la majorité des voyants subissent les aléas de la profession du fait de l’absence d’une législation précise en ce domaine et la véritable jungle que représente le marché de la voyance, certains s’accordent à penser que l’honnêteté, l’écoute et l’aide demeurent les valeurs indispensables que chaque professionnel digne de ce nom se doit de respecter.

Ils exerçaient des professions liées au commerce, au secteur médical, à la gestion de société., et un jour, le goût des relations, des échanges, ou l’étude des astres leur a permis de meure leurs dons au service des autres. Solange pratique la voyance par téléphone. La perception de la voix et le prénom lui fournissent les éléments nécessaires pour répondre aux interrogations des consultants. Claude Alexis exerce depuis plus de dix sept ans avec pour support un jeu de cartes crée par lui-même, qui raconte « une vie quotidienne Coiffeur de formation, il se décrit comme cartésien très «terre à terre». Il n’a jamais voulu être voyant. «On m’a poussé à m’installer, je gagnais bien ma vie auparavant» déclare t - il.

Françoise Letot, quant à elle, a étudié l’astrologie il y a 16 ans. Elle a choisi cette profession par passion. Les supports qu’elle utilise sont l’astrologie et les cartes cela varie en fonction du type de consultation. Ces hommes, ces femmes extralucides, sont devenus voyants. Ils possédaient un don héréditaire ou non, mais reconnaissent avant toute chose qu’ils ont été poussés par le destin dans cette voie, d’autant que chacun avait une situation professionnelle établie. Claude Alexis considère cela comme « une espèce de sixième sens » et selon lui « tout le monde en est doté », Finalement, ce don le gêne un peu. Il s’interdit de donner des dates précises car il ne s’agit en aucun cas de diriger la vie des autres. La décision revient aux consultants, Claude Alexis est là pour prévenir. On note chez chacun de ces voyants des motivations quasi identiques quant à leur rapport avec le métier.

Pour Françoise Letot, comme pour ses confrères, les mots d’ordre sont l’écoute, l’aide par la transmission d’informations, sans pour autant diriger l’avenir d’autrui. Les pratiques occultes relevant de l’envoûtement sont fermement récriminées. En aucun cas il ne s’agit d’abuser de la faiblesse d’un être. Et chacun sait combien il est facile de tomber entre les mains de pseudo - voyants dont l’objectif est purement vénal. Pour Claude Alexis, comme pour Solange, l’amour des autres, la découverte de l’autre, cet autre qui vit peut être des situations que l’on a soi- même connues, les aident dans leurs consultations car il s’agir avant tout de relations humaines. Claude Alexis souhaite dire aux gens ce qu’il ressent sans fioriture mais ne veut en aucun cas prendre des décisions pour eux.

Solange ouvre des portes, permet aux consultants de prendre conscience des événements qui les attendent, elle les alerte en les engageant à se prendre en charge eux mêmes et ce, dans leur intérêt. Françoise Letot considère qu’il ne faut pas tout attendre des voyants. Le voyant est là pour venir en aide, conseiller et la notion de libre arbitre est à ses yeux l’une des questions essentielles à respecter chez tout être humain. Par le biais d’une étude astrologique, il devient possible de dater des périodes et ajoute t-elle «les choses sont marquées de façons favorables ou non». Il convient par la suite de soutenir des personnes qui auraient des difficultés face à certaines situations, de les encourager. « Parfois, les gens vont tellement mal qu’ils attendent tout de vous, Il faut savoir rester à sa place ». Une fois de plus, on ressent à quel point la détresse de certaines personnes les pousse à vouloir tout obtenir et tout de suite comme si le médium, outre ses dons de prédictions était muni du pouvoir de magnifier leur avenir, au delà de toute considération se rapportant à la réalité.

L’un des sentiments qui gagne les voyants à l’heure actuelle, est celui de la méfiance que cultivent certains consultants à leur égard. En effet, le contexte socio-économique bancal, les conjonctures politiques, induisent de la part de chacun des attitudes plutôt surprenantes. « En ce moment, on oriente beaucoup l’actualité sur l’abus. Les gens vont mal et il y aurait une tendance à assimiler l’ensemble de la profession à des escrocs » relève Françoise Letot. Elle reconnaît à quel point il est honteux d’abuser de la faiblesse de certains clients d’autant qu’il s’agit le plus souvent de personnes en détresse à qui l’on fait croire que l’on peut résoudre leurs problèmes. Mais elle regrette néanmoins que l’ensemble de la profession en subisse les inconvénients d’autant qu’ils sont un certain nombre à œuvrer dans le sens d’une clarification des statuts et du respect des consultants. Concernant les limites de leur action, ils s’accordent à penser qu’ils ne sont pas détenteurs de tous les pouvoirs. Leur métier consiste à divulguer des informations quant à l’avenir des consultants. Les envoûtements et autres pratiques occultes ne font pas partie de leur univers, Claude Alexis reconnaît que l’exigence de certains clients est liée à leur état, leurs attentes et leurs incertitudes face à l’avenir. Par conséquent, ils sont impatients et exigeants. «Vous n’avez pas le droit à l’erreur et certaines personnes réagissent mal lorsque vous leur annoncez des choses qu’ils ne veulent pas entendre». Dans la mesure où nul n’est détenteur de la vérité absolue, ils sont parfaitement conscients de leur râle, et de la portée de leurs propos. Annoncer la mon est une chose délicate. Certains s’interdisent de le faire. Il y a une façon d’aborder la question, de parler de ce sujet», nous dit Claude Alexis. Pour Française Letot, il en va de même. Non pas que le sujet soit tabou mais un consultant est une personne qui vient chercher de l’aide. Il faut donc essayer de trouver un terrain d’écoute, d’échange et d’aider au mieux. Solange n’hésitera pas à orienter une personne vers un médecin, un psychologue si elle perçoit que l’aide relève d’un tout autre domaine, Le médium est là pour donner des points de repaire quant à l’organisation de l’avenir mais il ne va pas guérir un consultant. Leurs clients viennent de tous horizons et sont issus de milieux socio-économiques très divers. En effet, bien que certains individus se disent cartésiens au point de ne jamais recourir à la voyance, ils ont certainement été tenté pat une consultation dans un moment de doute, L’envie de savoir, de connaître des dénouements, d’anticiper les événements, de se rassurer, d’être conseillé sont tant de raisons qui motivent un consultant à franchir le pas.

Parmi les satisfactions les plus encourageantes que procure ce métier, celles du bien être du client après consultation (ou suivi de consultation), celles gageant d’une amélioration de la situation et d’une prise en main du destin ravissent les trois voyants.Claude Alexis * qualifie cette satisfaction de «plus belle école de la vie», Solange et Françoise Letot sont ravies de recevoir des nouvelles et de constater qu’elles ont pu se rendre utiles. Quand voyance rime avec bienveillance, d’un côté comme de l’autre, chacun pourra trouver réponses à ses questions.

Yamina Gueham

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