18 mois de prison ferme

Pronostiquez, voyante* !

C’est un drame qui a été passé en revue et qui a pris la combinaison comique en avançant vers le dénouement de ce dossier de charlatanisme, d’escroquerie, de voyance et autres djinn. Naïma F., la trentaine, fille-mère d’un bébé né de père inconnu comparaît à koléa avec de lourdes charges. Evidemment elle n’a pas forcé la porte de la mère de famille subjuguée par le mot voyante ! On lui a ouvert la porte, offert du lait, un portable, un collier en or, de la poudre de lait sans que personne ne force la victime absente à la barre. Naïma n’a eu qu’une seule parade : «J’étais dans mon landau lorsqu’une fée maléfique m’avait foudroyée c’est pour cela que je me suis présentée comme ‘’mrabtiya’’».

Elle n’a pas versé une seule larme mais les rires dans la salle il y en a eu ! Elle tape à la porte et demande après Nadia. La coiffeuse s’excuse :

«Je suis Malika, coiffeuse !» répond la future victime d’escroquerie à Naïma originaire de Mosta et ayant pour vocation de lire l’avenir des autres, moyennant vol d'objets et autres tours de passe-passe à la va-vite.

Malika, la coiffeuse, explique à la PJ que cette même bout de femme, de un mètre cinquante, d’un poids de moins de quarante kg, avait d’abord un verre d’eau. «Et juste après, elle m’a demandé du lait, du café, je n’en avais pas. Je lui ai proposé du lait en poudre.

Et c’est alors qu’elle a tendu un sachet dont j’ignorais l’usage et la destination», dit-elle avant que le juge ne revient vers le PV et lise la suite qui a fait qu’elle ouvrit le sac et prit les huit mille dinars,avant de "m'enlever le collier qu’elle avait pris soin de fourrer dans un sachet, elle prit un autre sachet et le remplit de lait en poudre, juste après qu’elle m’ait demandé de lui remettre le portable,mon foulard avant de me recommander de n’ouvrir le sachet qu’après son départ de chez moi. Une fois sortie, je m’étais aperçue de la supercherie et je l’ai suivie jusqu’au niveau du commissariat."

«Six années de prison ferme», lâche timidement le procureur qui éclata de rire au moment où Hadj Rabah Barik, ce juge immunisé contre ces pratiques obscures depuis qu’il entreprit avec succès le hadj, avait défié la détenue de dire haut et fort, ici, maintenant le verdict avant même la mise en examen de l’affaire :«Je vous donne ma parole d’honneur de magistrat assermenté de vous accorder la liberté toute la liberté, si vous me pronostiquez le verdict», avait ajouté le président qui vit avec plaisir que Naïma était incapable de livrer le moindre pronostic.

Et donc, c’est sans surprise qu’il revint au délibéré avec un rude verdict : «Dix-huit mois de prison ferme pour Naïma, coupable d’escroquerie, de charlatanisme». Y. S.

  • Avec l'aimable autorisation du journal : Le Temps d'Algérie- Edité par EURL GROUP MEDIA TEMPS NOUVEAUX-Alger.
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