INAD Institut National des Arts Divinatoires
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Temoignages

Parole de voyante : la voyance vue de l’intérieur

L’Institut National des Arts Divinatoires (INAD) œuvre en faveur d’une pratique plus responsable et plus éthique des arts divinatoires. Il informe sur les dérives du secteur, tout en mettant aussi en lumière les praticiens sérieux, sincères et respectueux de leurs consultants.

Car derrière les excès, il existe aussi des professionnels discrets, parfois peu visibles, qui exercent leur métier avec humilité, conscience et mesure.

C’est cette autre réalité de la voyance que l’INAD souhaite également faire entendre.

La Dame de Cœur, une carte illustrée portant les mots « Puissance, honnêteté, code d’honneur ».

Par Marie Lenz Doceul

Je suis voyante professionnelle depuis de nombreuses années, adhérente à l’Institut National des Arts Divinatoires (INAD) depuis 2010. J’y ai adhéré par conviction : je crois à la nécessité de défendre une voyance digne, et d’avoir le courage de regarder notre profession telle qu’elle est, avec ce qu’elle a de beau et de… dérives.

La responsabilité de nos paroles

Je ne cherche à convaincre personne. Chacun est libre de croire, de douter ou de ne pas croire. Mais une certitude demeure : la parole d’un voyant n’est jamais anodine.

Les personnes viennent rarement nous consulter par hasard. Derrière un « Va-t-il revenir ? », un « Vais-je rencontrer quelqu’un ? », il y a souvent une attente, une blessure, parfois une grande fragilité. Un mot peut rassurer. Un autre peut décourager, et rester longtemps dans un esprit, même le plus solide. C’est là que commence notre responsabilité.

Autrefois…

Il fut un temps où l’on connaissait « la voyante » du village ou du quartier. On venait à elle par le bouche-à-oreille, avec respect et un peu d’appréhension. Les jeunes filles y allaient entre copines, puis se retrouvaient pour tout se raconter : l’amour, le retour de l’être aimé, le fameux prince charmant. Les époques changent ; le cœur humain, beaucoup moins.

Une profession face à ses dérives

Aujourd’hui, la voyance s’est démocratisée. Elle est accessible partout, immédiatement, à toute heure, et elle est devenue un marché. Il faut le dire sans détour : quand il faut vendre et fidéliser, la tentation existe de donner au consultant ce qu’il veut entendre, ou pire, de l’inquiéter pour qu’il ressente le besoin de revenir. Une personne peut alors finir par ne plus savoir prendre une décision sans demander à son voyant. Pour moi, la limite est là : un consultant ne doit jamais devenir l’otage du besoin financier de celui qui le consulte.

Il existe des voyants sérieux et sincères. Il en existe aussi qui affabulent. Notre profession n’échappe pas aux dérives humaines. Mais nous rencontrons parfois des gens au moment même où ils doutent le plus. Cela ne nous donne pas davantage de pouvoir. Cela nous donne davantage de devoirs.

Le libre arbitre et l’humilité

Je me méfie du mot « pouvoir ». Un voyant peut ressentir, percevoir, transmettre ce qu’il voit ou croit voir. Mais il doit garder l’humilité d’accepter qu’il puisse se tromper, et qu’un être humain puisse choisir un autre chemin. Le libre arbitre ne doit pas être une formule toute faite : on ne peut pas annoncer un avenir comme une sentence irrévocable, puis ajouter « mais vous avez votre libre arbitre ». Si le libre arbitre existe, alors demain n’est pas une prison.

L’éthique au cœur du métier

Je n’ai pourtant pas perdu foi dans mon métier. J’en connais le plus beau visage : ces consultations dont une personne ressort apaisée, ces quelques mots qui l’aident à voir autrement une situation confuse, ces consultants qui, des années plus tard, se souviennent encore d’une phrase que nous avons parfois nous-mêmes oubliée. Voilà pourquoi nos paroles comptent.

Je crois que les bons voyants seront toujours recherchés. Pas ceux qui promettent le plus, ni ceux qui prétendent ne jamais se tromper, mais ceux qui restent humains, qui savent qu’ils ont devant eux une personne et non un portefeuille, et qui comprennent que rassurer ne signifie pas mentir, ni être sincère être brutal.

J’aime mon métier. Et c’est précisément parce que je l’aime que je refuse de prétendre que tout y est irréprochable. La voyance n’a pas besoin de promesses extraordinaires pour être respectable. Elle a besoin d’éthique, d’humilité et de conscience.

Nous ne sommes que de passage dans l’histoire de ceux qui viennent nous consulter. Nous pouvons éclairer un instant de leur chemin, percevoir parfois ce qu’ils ne voient pas encore. Mais leur chemin leur appartient.

C’est peut-être là, finalement, la première règle de notre métier : savoir parler de demain sans jamais prendre possession de la vie de l’autre.

La parole aux lecteurs

Commentaires

1 commentaire
Isis Juliette Medium
je suis medium professionnelle j'adhere totalement, j'exerce avec déontologie dans le respect de mes consultants; Malheureusement notre profession est gangrainée sur les reseaux .
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