SPPAD : À qui confions-nous nos secrets ?
Ils ne portent ni blouse blanche ni robe d’avocat. Pourtant, chaque jour, des milliers de Français leur confient leurs doutes, leurs fragilités, leurs décisions de vie. Les praticiens des arts divinatoires occupent une place singulière dans le paysage social : celle d’interlocuteurs de l’intime.Mais une question demeure, simple et essentielle : à qui confions-nous réellement nos secrets ?
Aujourd’hui, ces professionnels sont administrativement classés sous le code APE 9609Z, intitulé : Autres services personnels non classés ailleurs . Une catégorie fourre-tout où cohabitent des activités sans lien entre elles. Une classification qui ne reflète ni la nature de la relation instaurée avec le public, ni la responsabilité qu’elle implique.
Car lorsqu’un citoyen parle de ses difficultés financières, de sa séparation, de sa santé, de ses choix de vie, il s’expose. Il se met en confiance. Cette confiance devrait s’appuyer sur un principe fondamental : l’identification claire du professionnel.Or, dans de nombreux cas, certains exercent sous pseudonyme, sans visibilité évidente sur leur identité juridique ou leur localisation. La protection de la vie privée est légitime. Mais peut-elle primer sur le droit du consommateur à savoir à qui il s’adresse ?
Dans toutes les professions impliquant l’écoute et la confidentialité, médecine, psychologie, conseil , l’identité du professionnel est connue. Elle engage la responsabilité. Elle fonde la crédibilité.C’est dans ce contexte que le Syndicat Professionnel des Praticiens des Arts Divinatoires, soutenu par l’Institut National des Arts Divinatoires, a récemment saisi le Premier ministre ainsi que les ministères concernés, notamment le ministère du Travail, afin d’ouvrir une réflexion institutionnelle sur la reconnaissance administrative de la profession.Parmi les demandes formulées figure la création d’un code APE spécifique aux praticiens des arts divinatoires, distinct du 9609Z, ainsi qu’une identification administrative claire et identifiable. L’objectif est simple : sortir du flou, distinguer les professionnels responsables des opérateurs anonymes et garantir au public un cadre de transparence. La démarche ne vise ni à créer un privilège ni à alimenter une polémique. Elle s’inscrit dans une logique de structuration et de responsabilisation. Assumer une activité qui reçoit du public suppose d’accepter les exigences minimales de traçabilité et de responsabilité.Le débat ne porte pas sur la croyance. Il porte sur l’encadrement. Les arts divinatoires existent. Ils répondent à une demande sociale réelle. La question qui se pose aujourd’hui est institutionnelle : l’État souhaite-t-il continuer à classer cette activité dans une rubrique indistincte ou accompagner sa clarification ? Au fond, l’enjeu dépasse une nomenclature administrative. Il touche à un principe universel : lorsqu’on reçoit la confidence d’un citoyen, on doit pouvoir en répondre. Et c’est précisément à cette exigence que le SPPAD demande désormais une réponse. LE BUREAU DU SPPAD