Contact défunts : un marché de la souffrance
Sous couvert de spiritualité, ces marchands d’illusions exploitent le chagrin, la vulnérabilité et le désarroi des personnes endeuillées pour leur soutirer leurs économies. Leur terrain de chasse : la perte d’un être cher. Leur outil : une publicité habilement mensongère. Leur objectif : l’argent. Certains vont jusqu’à proposer des consultations “d’urgence”, tarifées comme des interventions vitales, laissant croire qu’il suffirait de composer un numéro pour « entrer en contact » avec un défunt. La réalité est beaucoup plus crue : leur seul “don” consiste à extraire un maximum d’informations de leurs victimes pour mieux manipuler leurs émotions et leur soutirer toujours plus d’argent. Ils s’immiscent dans l’intimité du deuil, fabriquent de faux espoirs, entretiennent des illusions, créent une dépendance affective… tout cela dans un but strictement financier. Il s’agit d’une véritable prédation morale. Le spiritisme n’est pas un spectacle. Ce n’est ni un divertissement, ni un produit de consommation rapide, ni une activité commerciale accessible au premier opportuniste muni d’un téléphone, d’une caméra et d’un discours bien rôdé. Les praticiens sincères sont discrets, prudents, et pleinement conscients de la fragilité psychologique des personnes en deuil. Ils ne démarchent pas. Ils ne harcèlent pas. Ils ne promettent rien. Ils ne monétisent pas la détresse humaine. Ils n’enchaînent pas des consultations à la chaîne, encore moins par téléphone, visioconférence ou lives sponsorisés. Ce que nous observons aujourd’hui relève d’un marché de la souffrance : la douleur devient une ressource, la crédulité est entretenue, la dépendance émotionnelle est cultivée, et la détresse humaine est transformée en modèle économique.
L’INAD appelle : 1- à une vigilance accrue du public, 2- à une responsabilisation des plateformes qui hébergent et promeuvent ces pratiques, 3- à une dénonciation systématique des dérives. Exploiter le deuil n’est pas une croyance. Manipuler la douleur n’est pas un don. S’enrichir sur la souffrance n’a rien de spirituel.