Astrologie, éthique et point de vue

Y a –t-il une éthique sous jacente à l’astrologie ?  A quel genre de réponse peut-on s’attendre ? Il y aurait une enquête à faire. Pour les astropsychologues, on nous parlera du respect de la personnalité d’autrui. Pour les prévisionnistes,  une certaine philosophie de la vie mais encore ? Et est-ce que les astrologues respectent une quelconque morale insufflée par l’astrologie ?On peut en douter ! Nous parlerons ici d’un certain sens de la reconnaissance qui fait qu’il y a un « retour », un « feed back »  pour nos actes, pas ceux d’une vie antérieure mais ceux d’aujourd’hui ou d’hier. Est-ce que l’astrologue a un sens de l’éthique plus élevé que la moyenne ? Mais surtout y a-t-il un morale proprement astrologique ?.Nous répondrons : oui, l’astrologie, bien comprise, conduit à une certaine façon de se comporter dans la vie et cela relève d’une certaine cyclicité. C’est la phase 2  qui est au cœur des enjeux moraux, c'est-à-dire celle qui vient dans un deuxième temps, « en retour ».Tous les mots qui commencent par le préfixe « re » appartiennent à l’esprit de la phase 2 : récompense, reconnaissance, revenu, redevance etc. On traduira en disant que la phase 2 d’un cycle est celle où l’on paie ses dettes, celles qui ont été contractées d’une façon ou d’une autre et l’on parle d’ailleurs de reconnaissance  de dette... Dans l’astrologie que nous préconisons et qui est avant tout cyclique, comme l’on sait, il y a deux temps et comme dit l’Ecclésiaste, il y  a un temps pour chaque chose.  Il y a un temps où l’on reçoit et un temps où l’on « rend », en contrepartie. En phase 1, le problème ne se pose pas en ces termes : on est dans une certaine forme de gratuité comme de l’eau que l’on boirait à la fontaine, comme le lait que l’on traie du pis d’une vache. Et puis vient la phase 2 qui est un peu celle des « vaches maigres » par opposition aux « vaches grasses » (cf. le Songe de Pharaon dans la Bible). Cette phase se présente tôt ou tard, lorsqu’une certaine énergie se tarit, une corne d’abondance  s’épuise. Que se passe-t-il alors ? Si l’on veut ménager l’avenir, il faut assurer le présent et ne pas scier la branche sur laquelle on est perché. Cela passe par une certaine expression de reconnaissance  à l’égard de ceux qui ont beaucoup donné d’eux-mêmes. On nous objectera « mais ce n’était pas prévu comme cela »,  on n’avait pas parlé de contrepartie. En effet, il y a eu un délai entre les deux temps, qui ne sauraient être simultanés. Et c’est là que se pose la question de l’éthique de l’astrologie, qui passe par le respect de certaines lois que l’on ne saurait ignorer, bafouer.  Celui qui a reçu devra « rendre » si l’on veut la monnaie de la pièce. Sinon, il y aura comme un « choc en retour », une dette karmique. Ce temps de « retour », d’involution du cycle,  permet de rééquilibrer les rapports entre les gens, entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent mais qui, à leur tour, vont devoir « donner », du fait d’un lien, d’une obligation qui se sont constitués entre les uns et les autres... Une telle date peut être déterminée. Elle se situe grosso modo à la mi-temps d’un cycle de 7 ans, à mi-parcours mais cela dépend de divers facteurs qui peuvent avancer ou retarder les échéances. Ce n’est pas « mathématique ». Il faut sentir que le temps est venu qui est celui des Saturnales – puisque notre astrologie s’articule sur Saturne- ce qui implique un certain renversement des situations, où le maitre et l’esclave inversent quelque part leur statut. Cette phase 2 de rééquilibrage relationnel  illustre bien cette morale de La Fontaine : on a toujours besoin d’un plus petit que soi (« Le lion et le rat » et aussi dans  « La colombe »). .Le monde tournerait mieux si  la phase 2 était mieux assumée  mais il n’est pas toujours aisé de faire acte et preuve de reconnaissance et cela aurait des effets sur  l’économie, sur l’emploi. En effet, comme on l’a dit, il y a un décalage entre le « prêté » et le « rendu ». Lors du prêté, le rendu n’est pas nécessairement stipulé mais il n’en est pas moins –moralement- sous entendu, implicite, même s’il est renvoyé à une date indéterminée -« un jour viendra ». où il faudra s’acquitter de la dette ainsi contractée par le seul fait que l’on aura reçu quelque chose et ce quand bien même ne l’aurait- on pas demandé. Un don est toujours un don et il lie et relie cycliquement, c'est-à-dire  avec un certain délai, un certain décalage. En pratique, tout peut très bien se passer.  Des gens peuvent ainsi se rapprocher, se réunir, se retrouver. Mais parfois, il y a de l’ingratitude dans l’air et de la frustration de part et d’autre : de la part de celui qui croyait que le don reçu ne l’engageait à rien comme de la part de celui qui  souffre d’une société  ingrate qui n’est pas disposée à apporter un « revenu » pour ce qu’elle a reçu, sous prétexte que ce n’était pas prévu. Or, c’est justement là que l’astrologie intervient au niveau du « prévoir », du nouveau seuil à franchir, au bout d’un certain temps écoulé. L’éthique de l’astrologie, c’est la prise de conscience de ce second temps qui est un temps de « retour » sur investissement. Il faut que cela « rapporte ». La phase 2  a un autre style que la phase 1. C’est moins gracieux, plus « intéressé » et en ce sens quelque peu décevant : on  ne s’y attendait pas, dira-t-on. Les anglo-saxons emploient volontiers la forme « back », comme dans feed back, pay back (pour revanche), back signifiant le dos, donc la face cachée, qui vient dans un deuxième temps. Cela peut être une rétribution, une  récompense (en anglais reward) comme cela peut être une punition, un châtiment,  une sanction plus ou moins méritée. On n’a que ce que l’on mérite, dira-t-on. Cela devait arriver, tôt ou tard. C’est la fin d’une certaine impunité comme cela peut être le « salaire », la compensation d’un travail  puisque tout travail mérite salaire...En phase 1, on sème. En phase 2 on récolte. Mais qui sème le vent récolte la tempête. La phase 2 ne se conçoit pas sans une phase 1 alors que la phase 1 est le début de quelque chose. A la fin de la phase 2, on se sent  « quitte », c'est-à-dire que l’on a  remboursé ce qu’on devait. On peut tourner la page, prendre un nouveau départ. Il convient, en conclusion, de rappeler que si l’astrologie peut nous aider, en principe, à prendre de bonnes décisions, elle peut le plus souvent fausser notre jugement si le système utilisé est défaillant. En moyenne, l’astrologue peut commettre plus d’erreurs que le non astrologue dans la mesure où son « système » peut fausser son jugement. C’est quitte ou double. En ce sens la mauvaise astrologie nuit à la bonne astrologie. Pour en revenir à notre questionnement de départ,  il serait bon que les astrologues comprennent bien la problématique de la phase 1 et de la phase 2, telles que nous l’avons, une fois de plus, explicitée ici.L’éthique des astrologues, c’est donc de rendre à César ce qui est à César  (Evangile) quand le moment s’y prête, l’essentiel étant de ne pas agir à contretemps. Aucune attitude ne vaut indéfiniment, il faut laisser le temps au temps tant pour  sanctionner le bien que le mal. Mais tout a une fin..

Jacques Halbronn Sociologue de l'Astrologie

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